Départ de Calçoene avec un vélo qui glisse sur ses roulements nettoyés et huilés, le porte bagage neuf et déja bricolé.
Jalouse la route adoucie ses flancs et se laisse chatoulliée par les maquignons.
Des ouvriers plantent des pieux de bois dans le lit d'un igarapé. J'interroge, mais ne comprend rien et vice-versa. Le pont suivant me révele qu'il s'agit de l'étaiement du coffrage.
Un chantier de route se déroule ensuite, le géomètre indique piquette, puis les passages busés et autres ouvrages se construisent. Le nivellement général, un première couche de grave, une autre, la mise en oeuvre de l'enrobé n'a pas commencé. La BR 156 se fait une beauté.
Trop de poudre, souvent dans les bas-cotés déviations et autres contournements, nous prenons un bon bain de poussière. La baraque "Bom Jesus" qui se propose comme auberge de midi, ne fait d'ailleurs plus à manger à cause de la poussière. Entre 2 sardines un mec bourré s'entête à me raconter des trucs que je ne comprend pas puis discute avec un acolyte à chapeau de cow-boy justement arrivé .
Un vacarme politique ambulant stoppe devant la cahute, un jeune en sort, déja futur vereador "la jeunesse pour le changement" et un meeting politique s'improvise autour d'une bouteille de cachaça.
La route nous reprend, la forèt a depuis le matin disparu.
Les embrunts des marais d'Amapa me donne des ailes , je force sur la pédale.
Déja arrivé, Nora fachée.