samedi 13 septembre 2008

13/09
Départ de Calçoene avec un vélo qui glisse sur ses roulements nettoyés et huilés, le porte bagage neuf et déja bricolé.
Jalouse la route adoucie ses flancs et se laisse chatoulliée par les maquignons.
Des ouvriers plantent des pieux de bois dans le lit d'un igarapé. J'interroge, mais ne comprend rien et vice-versa. Le pont suivant me révele qu'il s'agit de l'étaiement du coffrage.
Un chantier de route se déroule ensuite, le géomètre indique piquette, puis les passages busés et autres ouvrages se construisent. Le nivellement général, un première couche de grave, une autre, la mise en oeuvre de l'enrobé n'a pas commencé. La BR 156 se fait une beauté.
Trop de poudre, souvent dans les bas-cotés déviations et autres contournements, nous prenons un bon bain de poussière. La baraque "Bom Jesus" qui se propose comme auberge de midi, ne fait d'ailleurs plus à manger à cause de la poussière. Entre 2 sardines un mec bourré s'entête à me raconter des trucs que je ne comprend pas puis discute avec un acolyte à chapeau de cow-boy justement arrivé .
Un vacarme politique ambulant stoppe devant la cahute, un jeune en sort, déja futur vereador "la jeunesse pour le changement" et un meeting politique s'improvise autour d'une bouteille de cachaça.
La route nous reprend, la forèt a depuis le matin disparu.
Les embrunts des marais d'Amapa me donne des ailes , je force sur la pédale.
Déja arrivé, Nora fachée.

jeudi 4 septembre 2008

04-09-08 premiere leçon d´humilité: une interminable succession de montées-descentes. Les kilomètres ne se laissent pas avaler et je déglutit difficilement un 12 km/heure. Nora n´y est pour rien et chante toujours avec courage son "come away with me". Coach motivé, le compteur de vitesse tente même de nous encourager en annoncant des pointes à 199,9 km/h. Nuit à l´auberge des orpailleurs annoncée comme fermée pour cause d´attaque à main armée par de menaçants brigands de grands chemin, un sourire est pourtant bien là, incredule et serein pour nous sauver des pãtes chinoises. 05-09-08 Des montées encore, les descentes paraissent ineffables. L´ivrogne du village Régina est toujours là pour nous annoncer qu´il a ce jour décidé d´être arrogant. Lavés des pieds jusqu´aux fringues dans le fleuve, l´épicière nous indique un gamin á vélo qui me conduit au coin d´une maison récupérer les clés d´un gite du village avec vu sur l´Approuague.

mercredi 3 septembre 2008

Un point s´impose

A point donc au comptoir d´un soir kouroucien, une biere et le point s´impose. Il prend son temps l´espace, se déplace et trace ma ligne, une ligne pour une autre à la réunion de deux hémisphères terrestres et cérébrales : goûter de nouveau l´ivresse d´un voyage.
Au départ Kourou Bar des sports, à l´arrivée Quito et sa maternité. Entre les deux points 30 ans, et quelques 6000 kms de terre de fleuves de montagnes d´hommes et de femmes et autres contingences terrestres, certainement déja tous virtualités de la toile mais à prendre à mon filet. Alors hamac à moustiquaire bâche réchaud rustines chambres à air clés alènes casserolle cyclistes et machette se mettent en ordre dans de tactiques sacoches, ma tête se rase au complet et tout est prèt pour prendre l´espace depuis Kourou mais à bicylette. Coopératif mon corps s´imprime même d´une carte allergique d´un autre monde oú s´évader. 03-09-08, ca y est, je pédale et le rond point de la sortie de Kourou me semble bien plus loin que prévu. Le poids des sacoches pèse autant que celui de la mélancolie de 2 bonnes années passées à pédaler pour m´entrainer et construire avec une bonne équipe, ambiance, saison sèche, des pluies, techniques, papillonite, gueule de bois armatures béton et autres sympathiques contingences le futur pas de tir guyanais des fusées Soyouz. Après hésitation je tente même un je sans crise d´identité (le contexte étant trompeur et intrinséque) joué au pluriel avec Norailde, velocista pleine de courage qui tempère mes envies de dépasser Armstrong Lance et pas Neil (attention aux parenthèses). Au point rond donc: Nord ou Sud, Surinam ou Bresil, vent de face ou dans le dos... les rives prometteuses pleines d´amazones me balancent penché tête en avant dans un macapamanausboavistacuidadbolivarcaracasbogotaquito à dérouler sous mes pédales et celles de tous ceux que j´invite à être extrèmement nombreux et qui voudront bien s´aligner sur la toile ou dans ma roue. Premier arret, un surinamien javanais du bord de route nous offre un morceau de pastéque. Mon Orientation pourtant perfectionnée dans les étendues libyennes, déja s´affole. Elle nous transporte même à Venise quand les eaux de la crique d´un premier campement sauvage "crique coco" (non pas de cric familier sur mon velo mais un ruisseau) se mettent à monter dès le réchaud éteint. Sous une bache, dans un hamac le tout tendu entre deux arbres, je contrôle de la main la montée des eaux. Le matin nous trouve moïses prèts à repartir ce qui s´avère toujours aussi mediterranéen mais plus de circonstances.