samedi 25 octobre 2008

Aujourd'hui et hier

25/10 Une détonation, une porte qu'on enfonce, quelqu'un essaye de forcer ma serrure, en sursaut j´attrape ma machette casse la fenêtre et cours dans la rue noire. Heureusement mes papiers sont dans un sac étanche dans la chasse d'eau. On me pourchasse et je ne sais pas où aller, détonations! Je me réveille, il y a des barreaux aux fenêtres et la chasse d'eau est cassée. Il reste cette peur au ventre lentement distillée à coups d'anecdotes et de regards scruteurs. Attaque du commisariat il y a 4 jours l'armée a due intervenir, meutre d'un suedois installé depuis 20 ans il y a 2 jours, regards etonnés et compatissants ou dédaigneux de passants qui me demandent si je vais passer la nuit ici, hotels qui ne semblent pas souhaiter m'accueillir, gérante de l'hotel qui donne un faux numero de chambre à mon compère guyanais qui m'a pourtant introduit, absence de sourire sur le visage à grande bouche de cette vielle dame qui semble burinée par l'apreté d'une vie sauvage, l'obséquiosité interessé de ces 2 compères guyanais qui me font découvrir la ville. -Vais je arriver à sortir de ce panier de crabes de cette ville en impasse? Je m'accroche à une lueur protectioniste vue dans les yeux de la gérante après lui avoir bradé des draps certes confortables mais inutiles et pesants, et trouve le sommeil. 5h00 de mat, tout est prèt, la rue est déserte, je tente une sortie. Un sourire de la gérante qui passe la tête aux aboiements de son chien à mon passage, serait ce un soulagement? Les singes hurleurs grondent un "dégage rapidement". Ma parano ronge son frein malgré les efforts de ma bicyclette et d'un soleil fumant les brumes.

6h30 déja, le ventre encore noué mais plus que creux maintenant, je m'arrète à un commerce de bord de route isolé mais ouvert. Une tête d'un vieux au regard marqué d'un point blanc, parle doucement. -Soy bresilero- Curieux je me sens rassuré, malgré un énorme dindon qui vient m'éructer une roue menaçante. La mienne tourne sur une route étroite, les bas-cotés taillés à ras.
Turémémo, deux empenadas un jus de maracudja, un assoupissement sous le regard aguicheur de la vendeuse du bord de route et tu repars. Je croise un echiquier peint sur la bande d'arret d'urgence mais pas de protagoniste. La chaleur monte avec les crissements du pédalier, je course avec l'ombre des nuages. Enfin la CALLAO, déconfit par mon abandon ils m'envoient une pluie à peine un pied dans l'hotel.
13/09
Départ de Calçoene avec un vélo qui glisse sur ses roulements nettoyés et huilés, le porte bagage neuf et déja bricolé.
Jalouse la route adoucie ses flancs et se laisse chatoulliée par les maquignons.
Des ouvriers plantent des pieux de bois dans le lit d'un igarapé. J'interroge, mais ne comprend rien et vice-versa. Le pont suivant me révele qu'il s'agit de l'étaiement du coffrage.
Un chantier de route se déroule ensuite, le géomètre indique piquette, puis les passages busés et autres ouvrages se construisent. Le nivellement général, un première couche de grave, une autre, la mise en oeuvre de l'enrobé n'a pas commencé. La BR 156 se fait une beauté.
Trop de poudre, souvent dans les bas-cotés déviations et autres contournements, nous prenons un bon bain de poussière. La baraque "Bom Jesus" qui se propose comme auberge de midi, ne fait d'ailleurs plus à manger à cause de la poussière. Entre 2 sardines un mec bourré s'entête à me raconter des trucs que je ne comprend pas puis discute avec un acolyte à chapeau de cow-boy justement arrivé .
Un vacarme politique ambulant stoppe devant la cahute, un jeune en sort, déja futur vereador "la jeunesse pour le changement" et un meeting politique s'improvise autour d'une bouteille de cachaça.
La route nous reprend, la forèt a depuis le matin disparu.
Les embrunts des marais d'Amapa me donne des ailes , je force sur la pédale.
Déja arrivé, Nora fachée.
13/10
Le démarrage qui traine, de Boa Vista les routes centripètes se rejoignent en deux: celle qui vient de Manaus, je prends celle du Nord.
La route se déploie en plaine, seule, sans partage.
Ma bicylette tente sans succès de combler un manque d'affection patent, et les coups d'oeil habituel vers l'arrière me rappelle qu'elle n'est plus derrière.
Mes noeuds au ventre au crane au cote au coeur n'ont que les jambes pour se délier.
Un squelette de tamanoir, une peau d'un caiman tout deux trop téméraires.
En bord de route, un homme semble soulagé à mon approche, on charge les dindons encaissés sur son porte-bagage un sac de grain et un peu de compagnie.
La route est facile, excellente, le cartographe IGN se plante tout de même à nouveau dans le cours du fleuve.
Milieu de rien, je pose bagage dans une station essence avec chambres.

3 commentaires:

mom a dit…

vas y mon pons, tu es le meilleur !

julienb70 a dit…

courage! on pense tous bien à toi.

阿古(aug) a dit…

ca fou les boules dis donc....
bon courage bisous